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Tout miser sur une reconversion professionnelle, c’est s’engager sur un terrain mouvant où l’on ne maîtrise pas toutes les règles du jeu.
- Posté sur
- 18 décembre 2018
- via
- Loïc
- dans
- Compétences et formation
Recoiquage professionnel : Que se passe-t-il si nous sautons le laissez-passer ?
Motivation en baisse chez les employés
Une poignée de salariés se disent satisfaits et impliqués au travail, mais la réalité est tout autre pour la majorité. Les mutations du marché du travail poussent beaucoup à envisager, ou à avoir déjà tenté, un virage professionnel.
En France, l’AEF révèle que 9 actifs sur 10 souhaiteraient changer de métier ou sont déjà passés à l’acte.
À l’échelle mondiale, l’institut Gallup met en lumière un chiffre frappant : 85 % des salariés ne sont pas pleinement investis dans leur activité professionnelle. Autrement dit, la démotivation est devenue la norme et non l’exception.
Les raisons qui motivent une reconversion professionnelle sont multiples, souvent intimes. D’après une enquête du CFC, plusieurs facteurs reviennent en tête chez ceux qui envisagent de se réorienter. Voici une synthèse des principaux constats :
Changer de cadre de travail, aspirer à une meilleure rémunération, ou tout simplement chercher davantage de sens : les motifs ne manquent pas. Pourtant, beaucoup perçoivent la reconversion comme un parcours semé d’embûches, où chaque pas en avant exige des compromis parfois douloureux.
Dans ce dossier, nous avons recueilli l’avis de spécialistes RH et du recrutement pour éclairer la démarche et adopter l’état d’esprit adapté à une reconversion réussie.
Vous envisagez de donner une nouvelle direction à votre carrière ?
Les 3 éléments clés à prendre en compte
1, Si les tests et bilans suffisaient, tout serait déjà réglé
Celles et ceux qui ont sérieusement réfléchi à la reconversion se sont souvent plongés dans des ouvrages, passé des tests, rempli des questionnaires, guettant la révélation tant attendue.
Mais, au fond, chacun sait que la solution ne se niche pas là.
La majorité des personnes en quête de sens, que ce soit à 30, 40 ou 50 ans, ne trouvent pas leur voie en multipliant les analyses.
Pourquoi ?
Parce que si ces outils étaient la clé, il suffirait de les suivre pour que les doutes s’envolent.
La plupart ne sont pas totalement perdus sur ce qu’ils voudraient faire. Le véritable blocage se situe ailleurs.
Ce qui nous amène au point suivant.
2, Les cabinets et agences de recrutement ne sont pas la porte d’entrée idéale
Pour de nombreux cadres et managers, il paraît logique de solliciter un cabinet ou une agence de recrutement pour changer de trajectoire.
Peut-être que votre poste actuel vous est d’ailleurs déjà tombé dessus de cette façon ?
Mais en épluchant les annonces et en échangeant avec des recruteurs, on réalise vite que les profils en transition ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts.
Pourquoi ? Simplement parce que le marché actuel privilégie l’hyperspécialisation, avec des exigences pointues en compétences techniques et expérience sectorielle.
Passer, par exemple, d’un poste de commercial grands comptes à celui de consultant digital dans une start-up relève du parcours du combattant. Les attentes sont élevées, les critères nombreux, peu importe le secteur.
Changer radicalement de métier prend donc du temps et demande de la persévérance. Votre CV raconte votre histoire, et il n’est pas toujours aligné avec le poste rêvé.
3, Le principal frein à la reconversion, c’est soi-même
La reconversion professionnelle est souvent un paradoxe mental.
D’un côté, l’ennui et la lassitude s’installent, l’idée de poursuivre sur la même voie jusqu’à la retraite ne séduit plus.
De l’autre, la peur de tout perdre, statut, niveau de vie, reconnaissance, freine l’initiative, avec la crainte que les efforts et les diplômes accumulés s’évaporent en cas d’échec.
Ce tiraillement pousse beaucoup dans un état de tension permanent : on voudrait agir, mais on se sent freiné, incapable de passer à l’action.
Voilà le nœud du problème.
Pour de nombreux candidats à la reconversion, le monde extérieur fait peur, surtout par méconnaissance des autres secteurs, entreprises ou métiers existants.
C’est précisément sur ce point qu’il faut porter ses efforts.
Nos 6 conseils RH pour réussir sa reconversion professionnelle
1, Accepter que la reconversion soit un chemin au long cours
L’humain recherche instinctivement le réconfort facile, la solution rapide. Pourtant, réussir sa transition professionnelle implique d’accepter que le changement prend du temps. Considérez la reconversion comme un projet sérieux qui mérite réflexion et investissement.
Concrètement, cela signifie accorder du temps à votre projet, accepter de passer par des étapes, d’essuyer parfois des revers, et de vous laisser la possibilité de recommencer si besoin.
En traitant ce changement de cap comme un « projet », vous mettez toutes les chances de votre côté. Écrivez les étapes, clarifiez ce qu’il reste à faire : le brouillard s’estompe, l’horizon s’éclaircit.
Parfois, il faut plusieurs tentatives avant de trouver sa voie et s’installer durablement. L’échec n’est pas une fin, mais une opportunité de rebondir si l’on s’autorise à persévérer.
2, Cherchez avant tout votre futur entourage professionnel
On passe souvent trop de temps à se demander « ce que l’on veut faire », et pas assez à réfléchir « avec qui ». L’alchimie d’une équipe, le plaisir de côtoyer des personnes stimulantes, pèse souvent plus lourd que la fiche de poste.
Avez-vous déjà remarqué à quel point certaines équipes rendent n’importe quelle mission enthousiasmante ?
Pour beaucoup, le problème n’est pas tant la nature du travail que l’environnement dans lequel il s’exerce : la culture d’entreprise, les collègues, l’ambiance…
Les personnes qui s’épanouissent après une reconversion ont souvent pris soin de rencontrer du monde, d’échanger, de rejoindre des projets ou des entreprises où elles se reconnaissent dans la vision et l’énergie collective.
Ne vous laissez pas séduire uniquement par les intitulés d’offres d’emploi.
Ce qui nous attire, ce sont les dynamiques d’équipe, un management inspirant, une culture dans laquelle on se sent respecté et utile.
3, Avancer à petits pas pour briser l’immobilisme
Comme évoqué plus haut, bon nombre de candidats à la reconversion hésitent, partagés entre tout risquer pour repartir de zéro ou rester dans une routine décevante.
Ce dilemme n’a rien d’inévitable.
Pour avancer, il s’agit de passer de la réflexion à l’action, même modeste.
Agir, ce n’est pas claquer la porte du jour au lendemain dans un geste théâtral. Il s’agit plutôt de commencer, discrètement, à explorer en dehors de sa zone de confort.
Envie de découvrir un autre univers professionnel ? Faites connaissance avec des professionnels d’un secteur qui vous intrigue, suivez une formation sur une thématique qui vous passionne, ou engagez-vous dans une association qui défend une cause qui vous parle.
En multipliant ces premiers pas, vous ressentirez concrètement ce que recouvrent ces nouveaux métiers, leurs réalités, leurs contraintes et leurs possibles.
Au fil des rencontres, vous identifierez des opportunités auxquelles vous n’auriez pas songé : une expérience passée pourra peut-être servir une organisation différente, ou vous ouvrir une porte inattendue.
4, Multipliez les rencontres et enrichissez votre réseau
L’une des clés, c’est de sortir de son cercle habituel et d’aller vers ceux qui partagent vos nouveaux centres d’intérêt.
Cela peut sembler intimidant d’aborder des domaines inconnus, en particulier lorsqu’on maîtrise mal le jargon ou les codes.
Dans bien des cas, démarrer une formation sur une compétence nouvelle peut s’avérer précieux.
Quels sont les bénéfices d’aller se former en amont ?
- Vous découvrez concrètement la réalité du métier, ses difficultés et ses exigences.
- Vous entrez en contact avec des personnes déjà installées dans le secteur visé.
- Vous démontrez votre engagement en entretien, ce qui pourra rassurer un futur employeur ou séduire de nouveaux clients.
5, Ne restez pas isolé, parlez-en autour de vous
Un point mérite d’être martelé : impliquer son entourage dans sa reconversion change la donne.
Beaucoup vivent cette transition comme une aventure solitaire, renforçant la sensation d’immobilisme et la peur du changement.
Ouvrez le dialogue avec vos proches, partagez vos envies, vos doutes, vos recherches. Vous serez probablement surpris par la diversité des retours et des contacts que vous obtiendrez.
6, Pensez à la mobilité interne
Comme évoqué plus tôt, de nombreux salariés en quête de renouveau cherchent avant tout à accomplir de nouvelles missions, souvent avec une nouvelle équipe. Parfois, il suffit de changer de décor pour retrouver sens, motivation et engagement.
Pourquoi ne pas envisager d’évoluer au sein même de votre organisation actuelle ? Certaines entreprises, surtout parmi les plus grandes, encouragent la mobilité interne pour fidéliser et développer les talents. Cela se traduit par des changements de missions, de services, ou même de site. Ce pourrait être le bon moment pour faire part de vos envies de changement.
La reconversion n’est pas une route droite mais un chemin semé d’explorations, de croisements et de redémarrages. Reste à savoir où le prochain pas vous mènera, et qui vous y attend déjà.




