12 % des demandeurs d’emploi entament une formation chaque année, et pour beaucoup, la question de la rémunération reste un casse-tête. Derrière les chiffres, une réalité mouvante : entre maintien des allocations, conditions imposées par France Travail et parcours personnalisés, chaque situation réclame une navigation précise.
Le maintien de l’allocation chômage pendant une formation varie selon le statut accordé par France Travail et le contenu du parcours choisi. Certaines formations permettent d’accéder à des dispositifs spécifiques de rémunération, tandis que d’autres entraînent l’arrêt temporaire des versements. Impossible donc de partir du principe que la formation garantit toujours la continuité des droits. L’âge, l’historique d’indemnisation, la cohérence du projet… tout entre en ligne de compte, et l’accord préalable de France Travail reste la règle pour éviter les mauvaises surprises.
Chômage et formation : un duo possible ou mission impossible ?
Entamer une formation lorsqu’on est au chômage n’a rien d’anecdotique. Pour beaucoup, c’est même l’option qui change la donne au fil de la recherche d’un emploi. Le demandeur d’emploi conserve le droit de se former, mais les modalités diffèrent selon les cas. France Travail (anciennement Pôle emploi) occupe une place centrale : le conseiller oriente, détaille les droits à rémunération pendant la formation, explique les dispositifs disponibles.Le parcours choisi influe sur l’indemnisation. Différentes aides existent : l’allocation de retour à l’emploi (ARE) bascule en ARE-F (ARE Formation) quand une formation débute, sous validation. D’autres dispositifs comme l’ASP-F, l’ATI-F ou l’ASS-F s’appliquent selon la situation de départ. Si les droits à indemnisation prennent fin pendant la formation, la rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais, sous conditions. Quant à la RFPE (rémunération des formations de France Travail), elle cible ceux qui ne perçoivent aucune allocation, sous réserve d’éligibilité.
Voici ce qu’il faut savoir sur les règles de cumul :
- Impossible de percevoir à la fois la RFPE et l’ASS.
- En revanche, la RFPE peut se cumuler avec le RSA.
Le montant de la rémunération dépend du financeur, de la durée de la formation, du statut du stagiaire et du projet validé. Attention, le maintien des allocations n’a rien d’automatique : toute entrée en formation doit recevoir l’aval de France Travail. L’accompagnement personnalisé du conseiller permet d’y voir clair dans les démarches et les possibilités de financement, alors que les besoins du marché du travail évoluent sans cesse.
Qui peut accéder à une formation tout en restant indemnisé ?
Plusieurs profils de demandeurs d’emploi peuvent suivre une formation sans perdre le bénéfice de leur indemnisation. Le régime varie selon le statut d’origine et la prestation perçue. Les personnes bénéficiant de l’ARE voient leur allocation se transformer en ARE-F dès que la formation est validée par France Travail. Les allocataires de l’ASP ou de l’ATI passent respectivement à l’ASP-F ou l’ATI-F.Si les droits arrivent à expiration pendant la formation, la RFF (rémunération de fin de formation) prend le relais, sous réserve d’éligibilité et pour des formations bien précises. Les demandeurs d’emploi non indemnisés, eux, peuvent solliciter la RFPE, parfois cumulable avec le RSA mais jamais avec l’ASS.
On peut distinguer les principaux cas de figure :
- ARE-F, ASP-F, ATI-F : pour les demandeurs indemnisés selon leur situation initiale.
- RFF : pour ceux dont les droits s’épuisent en cours de formation.
- RFPE : pour les personnes sans indemnisation, ou bénéficiaires de certains minima sociaux.
Chaque entrée en formation doit recevoir l’accord explicite de France Travail : la rémunération dépend de la compatibilité entre le projet et le parcours personnalisé. Durée, montant, modalités de versement : tout varie en fonction du profil et du type de formation. Le cumul de certains dispositifs reste interdit : avant toute démarche, vérifiez avec votre conseiller les règles applicables à votre situation.
Panorama des formations accessibles et des solutions de financement
Le paysage des dispositifs offre aux demandeurs d’emploi de multiples options pour adapter leur parcours à la réalité du marché. Les formations conventionnées par France Travail, souvent qualifiantes ou certifiantes, couvrent de nombreux secteurs, de l’industrie aux services. Pour maximiser les chances d’embauche, il est recommandé de cibler les formations inscrites au RNCP, reconnues par les employeurs.
Le CPF (compte personnel de formation) reste un outil de choix pour financer un projet : les droits acquis pendant la vie active restent utilisables, même au chômage. Seule restriction : le compte n’est pas alimenté pendant l’inscription à France Travail. Si le solde du CPF ne permet pas de couvrir tous les frais, une AIF (aide individuelle à la formation) peut compléter le financement, après validation par le conseiller référent.
Voici les principaux dispositifs à connaître :
- Les AFC (actions de formation conventionnées) ciblent les besoins spécifiques identifiés sur le territoire.
- Les parcours AFPR et POE (préparation opérationnelle à l’emploi) accompagnent la montée en compétences en lien direct avec un employeur.
- Le chèque formation, proposé par la région, aide à financer les cursus diplômants ou certifiants, en particulier pour ceux qui ne bénéficient pas d’autres aides.
Les personnes en situation de handicap peuvent se tourner vers l’AGEFIPH pour adapter leur formation. Les opco et Transitions Pro accompagnent aussi les transitions professionnelles et les reconversions. Gardez à l’esprit que la cohérence du projet reste le fil conducteur : chaque aide financière exige une formation adaptée au parcours professionnel identifié.
Les démarches à suivre pour se lancer sans perdre ses droits
Avant toute inscription, il est impératif de valider le projet de formation professionnelle avec le conseiller France Travail. Celui-ci intègre la formation au projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), condition sine qua non pour sécuriser la prise en charge et maintenir la rémunération. L’entretien préalable peut déboucher sur un bilan de compétences ou un conseil en évolution professionnelle, utile pour affiner le choix du parcours et constituer un dossier solide auprès des financeurs.
L’assiduité tout au long de la formation est indispensable pour percevoir les allocations. Chaque mois, il faut transmettre une attestation de présence fournie par l’organisme de formation, conserver les justificatifs et actualiser sa situation sur le site de France Travail. Une absence non justifiée peut entraîner la suspension, voire la suppression des droits.
Selon la situation, il est possible de solliciter des aides complémentaires : l’aide à la mobilité pour les frais de déplacement si la formation est éloignée, ou l’AGEPI pour la garde d’enfants des parents isolés. Ces soutiens facilitent l’accès à la formation pour ceux qui rencontrent des difficultés logistiques ou familiales.
Une relation suivie avec le conseiller, la préparation des démarches administratives et la rigueur dans le suivi du parcours sont les meilleurs alliés pour continuer à chercher un emploi tout en développant de nouvelles compétences. Les organismes de formation, en lien avec France Travail, accompagnent à chaque étape afin d’éviter toute rupture de droits.
Reprendre une formation pendant une période de chômage, c’est saisir la chance de transformer un temps d’incertitude en levier d’évolution. À chacun de construire le tremplin qui lui ressemble, sans jamais laisser les rouages administratifs décider seuls du prochain chapitre.


