Les documents indispensables pour un premier rendez-vous Pôle emploi

Bonjour vous,

J’espère que tu vas bien. Aujourd’hui, je veux parler de ma rencontre avec Pôle Emploi et, plus précisément, de mon premier engagement en faveur de l’emploi. Donc, oui, il semble que je connais une personne, mais si je devais définir le poste, ce serait certainement mon pire ennemi.

Je vais vous expliquer pourquoi je vous qualifie de cette façon, mais il faut un peu pour comprendre tout.

Le regard porté sur le travail

Je l’ai déjà dit dans mon article sur l’épuisement de l’entrepreneur, mais pour moi, travailler, ça a toujours été un pilier central. Dès l’enfance, la vie a semblé tournée autour du travail : aimer ce qu’on fait, décrocher un salaire tous les mois, avancer malgré la fatigue. Chez moi, l’équation n’a jamais bougé : études longues, diplôme en poche, CDI si possible, sécurité recherchée à tout prix. Pour plusieurs membres de ma famille, c’est une vérité gravée dans la roche.

Mon parcours

Ceux qui suivent mon parcours savent que j’ai quitté mon entreprise fin 2018 et que, depuis, je cherche un emploi. Bac+5, expériences multiples, une aventure en auto-entreprise… Tous les matins, je me reconnecte, en mode commando, sur les sites d’annonces. Les statistiques sont sans appel : en un mois et demi, plus de 200 candidatures, pas l’ombre d’un entretien. Le découragement n’est jamais loin.

J’ai toujours trouvé mes stages en face-à-face, là où je me sens à l’aise. Quand j’ai lancé mon activité, l’élan est venu tout seul. Alors, cette inactivité forcée, elle pèse.

Le sentiment de passer à côté

Autour de moi, Pôle emploi rime souvent avec échec. Le cliché s’impose si vite qu’on s’enferme dans une posture défensive. Pourtant, sans parler de fierté, j’avais tout tenté en indépendant avant d’en arriver là.

À force d’entendre les mêmes phrases, « Si tu veux bosser, va au Pôle », « Bouge-toi », on finit par se sentir coupable. Comme si le centre était la baguette magique cachée. On oublie, de l’extérieur, toutes les heures passées à envoyer, trier, relancer. Mais ce débat se posera une autre fois.

Il a fallu du temps, mais je me suis inscrite. Premier rendez-vous fixé vingt jours plus tard. C’est comme ça que j’ai franchi la porte du centre d’emploi.

Premier rendez-vous

Sur le trajet, je repense à l’enfant que j’étais. À 28 ans, armée de diplômes et de CV, je me demande ce qu’elle en penserait (quand j’étais petite, mon truc, c’était surtout une robe de princesse mariée ; les priorités changent, visiblement). La vie oblige à revoir ses attentes.

Petite précision : le nom du conseiller reste un mystère jusqu’au bout. J’arrive dix minutes en avance, direction les canapés en cuir de l’accueil. Le temps passe, on m’appelle finalement pour ce fameux premier rendez-vous.

Dans la salle d’attente, une dame m’aborde pour savoir si j’ai moins de 26 ans, au cas où je pourrais faire un service civique. Un rappel sur la réalité de l’âge. Autour, des personnes qui attendent, d’autres en pleine discussion, des conseillers qui s’affairent, des écrans vantant les recettes du Pôle Emploi pour retrouver un job.

Le déroulé de l’entretien

Une conseillère me conduit dans son bureau. Elle annonce la couleur : quarante minutes, programme chargé. Elle détaille : mon parcours, mes savoir-faire, mes ambitions, mon point de situation, la voie à suivre.

Premier constat : mon profil en ligne est déjà complet. Elle me demande sur quoi portent mes recherches, veut s’assurer que je candidate vraiment. Quand je lui annonce le nombre d’envois, elle est prise de court. Elle regarde mon CV, rien à signaler. Elle tente de me montrer un outil pour repérer les entreprises qui recrutent dans mon domaine d’ici six mois. Zéro résultat. Même avec un rayon élargi à 50 km, rien ne bouge.

Les sujets abordés

Ne sachant plus vraiment quoi me suggérer, elle déroule quelques annonces. Je les ai déjà toutes repérées.

À un moment, je la questionne franchement : quoi de plus à tenter ? Sa réponse : « un bon CV, une lettre solide, un contact qui passe bien, mais beaucoup de monde sur chaque poste ». J’explique que parfois, une offre postée depuis 12 minutes attire déjà 31 candidats. Voilà la réalité du marché actuel.

Voici les autres points qui sont revenus lors de l’échange :

  • La question des revenus : avec le statut d’auto-entrepreneur, pas de droits au chômage. Pour elle, pas d’inquiétude à avoir, car je retrouverai rapidement un emploi. Je lui demande quand même comment faire avec zéro euro par mois. Sa réponse : « ça va vite revenir ».
  • Le thème de la santé ou d’un handicap éventuel.
  • Un point dont le détail m’a clairement échappé.

Et après ce premier rendez-vous ?

Conclusion du passage : poursuivre la recherche, rester mobilisée. D’après elle, surtout ne pas accepter un poste au SMIC ni enlever mon master du CV. Pourtant, je lui rappelle que je postule déjà à tout ce qui passe, sans faire la fine bouche.

Mon dossier est basculé vers le pôle cadre. Je demande s’il sera possible de rencontrer quelqu’un de ce service : seulement en visio, sinon non. J’insiste, elle propose un rendez-vous d’aide à la « méthodologie de candidature ». Je lui demande si ça fera vraiment la différence. Elle me répond que ce n’est pas obligatoire, seuls deux rendez-vous sont requis dans l’année, le reste reste optionnel.

À midi passé, son collègue vient la chercher pour la pause déjeuner. Elle m’invite à partir.

Ressenti en sortant

En sortant, la sensation d’un passage obligé domine. Pas d’ouverture aux allocations, mon inscription ne change rien, ni pour eux ni pour moi. Toutes les annonces, je les trouve d’ailleurs déjà sur d’autres plateformes. J’ai eu l’impression d’un geste administratif, sans plus.

Dans mon entourage, rebelote : « Tu voulais un boulot ? T’es allée au Pôle ? » Après ce premier entretien, on me glisse « tu vois, ça ne t’a pas tuée d’y aller ». Sans doute. Mais à quoi bon, si rien ne bouge ensuite ? Je préfère garder la tête froide et voir si les démarches évolueront grâce à eux, ou, comme bien souvent, si je finirai seule par débloquer la situation.

Après quelques échanges récents sur Instagram, beaucoup m’ont avoué que le Pôle n’avait pas vraiment été d’un grand secours et qu’ils avaient rebondi sans. Je comprends leur sentiment ; cette visite ne ressemble pas pour moi non plus à une solution pour sortir du chômage.

Anecdote inattendue : une abonnée m’a reconnue là-bas. Ce genre de clin d’œil aide à relativiser.

Si vous devez affronter ce premier rendez-vous au centre d’emploi, tenez bon. J’espère que ce retour d’expérience vous éclairera. Je continuerai à partager mon quotidien et la suite de mes recherches sur Instagram, où je publie chaque jour, d’ailleurs un concours est en cours en ce moment.

À très vite.

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