Apparu le 1er janvier 2015, le compte personnel de formation (appelé CPF) est un appareil qui permet aux employés âgés de 16 ans et plus de se former à vie professionnelle (jusqu’à la retraite). Le CPF remplace officiellement le droit individuel à la formation (DIF) depuis 2015, et à partir du 1er janvier 2019, les employés sont crédités de leur compte en euros (au lieu des heures). Dans cet article, nous allons explorer en détail comment ce compte personnel de formation est utile, quels cours sont admissibles au CPF, combien vous pouvez en bénéficier et comment y accéder.
Qu’est-ce que le compte personnel de formation ?
Le compte personnel de formation (CPF) offre à chaque actif la liberté de se former tout au long de sa vie professionnelle, jusqu’au départ en retraite. Ce dispositif ouvre droit à un crédit financier individuel, qu’il est possible d’utiliser pour des formations référencées et reconnues. Il suffit d’avoir 16 ans révolus, ou même 15 ans pour les apprentis.
Qui peut utiliser le CPF ?
Le CPF s’adresse à une multitude de profils professionnels. Parmi les personnes susceptibles d’activer leurs droits figurent :
- Les salariés
- Les personnes à la recherche d’un emploi
- Les adultes inscrits dans un parcours d’orientation ou d’insertion
- Les travailleurs accompagnés dans le secteur protégé
- Les conjoints collaborateurs
- Les travailleurs non-salariés ou issus des professions libérales
- Les indépendants
Avant de voir en détail les modalités d’utilisation et les types de formations accessibles, un retour s’impose sur le dispositif précédent, à savoir le droit individuel à la formation (DIF).
Le passage du DIF au CPF : ce qui a changé
À partir du 1er janvier 2015, le CPF remplace le DIF. Jusqu’alors, chaque salarié empochait 20 heures de formation annuellement, dans la limite de 120 heures sur 6 ans. Pour les contrats à temps partiel, tout se calculait au prorata, tandis que le changement d’entreprise n’autorisait le transfert des droits qu’après une démarche précise auprès de l’ancien employeur.
D’ailleurs, sous le régime du DIF, chaque demande de formation nécessitait l’accord de l’employeur, même en dehors du temps de travail. Les congés maternité, parentaux, ou d’adoption étaient également pris en compte dans le calcul des droits, tout comme aujourd’hui avec le CPF.
Qui bénéficiait du DIF ?
Quelques conditions étaient nécessaires :
- CDI : un an d’ancienneté au minimum
- CDD : au moins quatre mois travaillés sur les douze derniers mois (continus ou non)
- Intérim : 2 700 heures travaillées dont 2 100 dans la même entreprise sur deux ans
Les salariés en alternance (apprentissage, professionnalisation) et les stagiaires étaient exclus d’office du DIF.
Le CPF depuis 2015 : nouvelles règles, nouveaux droits
Avec l’instauration du CPF, plusieurs changements majeurs sont intervenus :
- Le crédit de formation « suit » la personne, même en cas de changement ou de perte d’emploi. Les droits sont conservés.
- L’alimentation du compte se fait à hauteur de 24 heures par an à temps plein, jusqu’à 150 heures (contre 20 heures et 120 heures avec le DIF auparavant).
Pour le temps partiel, le calcul est adapté à la quotité travaillée. Les absences pour raisons familiales ou liées à un accident du travail sont prises en compte. Les heures DIF restantes entre 2012 et 2014 pouvaient être transférées sur le CPF, à condition de présenter l’attestation fournie par l’employeur.
Pour les intérimaires, cette attestation spécifique devait être délivrée en 2015. En cas de perte, une nouvelle attestation pouvait être obtenue via la procédure de vérification mise en place à cet effet.
Jusqu’en décembre 2020, il était encore possible de reporter ces droits DIF sur le CPF via le site officiel. Passée cette date, cette opération n’a plus été autorisée.
Le CPF en euros depuis 2019 : ce qui change
Depuis 2019, on ne compte plus ses droits en heures mais en argent. Tous les anciens compteurs ont été convertis sur la base de 15 € par heure restant. Par exemple, 45 heures non utilisées donnaient droit à 675 €. Désormais, chaque année, votre situation professionnelle détermine le montant crédité et le plafond applicable.
CPF et salariés à temps plein
Un salarié à temps plein voit son compte crédité de 500 € par an, jusqu’à 5 000 €. Ceux qui n’ont pas validé un diplôme de niveau CAP ou BEP peuvent aller jusqu’à 8 000 € (avec un crédit de 800 € par an).
CPF pour les travailleurs indépendants
Les indépendants bénéficient également de 500 € de droits par an (plafonnés à 5 000 €), calcul au prorata pour une activité partielle.
Sprécialité pour les temps partiel et intérimaires
Dès lors qu’ils travaillent à au moins 50 % de la durée légale, les salariés à temps partiel peuvent prétendre au même crédit que les temps plein. Au-dessous, le calcul est ajusté à leur temps effectif. Certaines conventions collectives permettent à des saisonniers ou intérimaires de bénéficier de droits renforcés dans ces cas précis.
Demandeurs d’emploi : maintien des droits
En période de chômage, aucun nouveau montant n’est ajouté, mais les droits acquis restent disponibles pour financer une formation, que l’on soit ou non encore inscrit à Pôle Emploi.
Consulter et utiliser son compte CPF : mode d’emploi
Gérer son CPF est simple et entièrement accessible en ligne. Munissez-vous de votre numéro de sécurité sociale et d’un mot de passe pour consulter votre solde, découvrir les possibilités de financement complémentaire, ou effectuer une recherche ciblée de formations selon votre projet.
Pour ceux qui préfèrent les solutions mobiles, une application dédiée permet d’accéder à toutes ces fonctions depuis son smartphone : droits, offres d’emplois associées à certains cursus, taux d’insertion, tout est à portée de clic.
Créer son compte CPF : mode opératoire
Si vous n’avez pas encore ouvert votre espace personnel, le processus est rapide :
- Se rendre sur le portail dédié
- Cliquer sur l’option de création de compte
- Indiquer son nom de naissance et son numéro de sécurité sociale
- Saisir une adresse e-mail personnelle (pour garder l’accès après un éventuel changement d’employeur)
- Créer un mot de passe
- Valider l’enregistrement
Vous pouvez alors immédiatement consulter et mobiliser vos droits formation.
Utiliser son CPF : ce qu’il faut savoir avec l’employeur
Le compte CPF est individuel, il n’appartient qu’au salarié. L’employeur n’a pas la main sur son utilisation et ne peut pas exiger qu’il soit utilisé. Si la formation a lieu hors temps de travail, nul besoin d’en informer votre structure. En revanche, pour une formation tout ou partie sur les heures habituelles, voici les délais à respecter :
- Pour une formation inférieure à six mois : demander l’autorisation 60 jours avant
- Pour une formation de six mois ou plus : prévenir 120 jours avant
L’employeur dispose de 30 jours pour répondre. En l’absence de retour passé ce délai, votre demande est automatiquement acceptée.
Formation sur temps de travail : quelle rémunération ?
Lorsqu’une formation se déroule durant votre temps de travail habituel, elle s’apparente à une activité professionnelle classique : le salaire est maintenu durant la période concernée. Si la formation se fait sur du temps personnel, aucune rémunération n’est due sur ces heures.
Changer d’emploi ou perdre son poste : que deviennent les droits CPF ?
Une mobilité professionnelle ? Une période de chômage ? Aucun crédit n’est jamais perdu. Les droits sont acquis à vie, utilisables pour toute démarche formatrice ou un virage de carrière. Si votre budget formation ne couvre pas les frais, d’autres sources de financement peuvent compléter le reste à charge selon votre situation, notamment via certains organismes.
Formations éligibles au CPF : panorama
Vous souhaitez mobiliser vos droits ? Avant d’aller plus loin, il est impératif de vérifier l’éligibilité de la formation repérée. Parmi les cursus accessibles figurent :
- La validation des acquis de l’expérience (VAE)
- Le bilan de compétences
- Le code et le permis de conduire (permis B ou poids lourd)
- Une formation dédiée à la création ou la reprise d’entreprise
- Le développement de compétences spécifiques pour volontaires en service civique ou bénévoles
Le champ des possibles s’étend largement : langues, gestion, ressources humaines, environnement, domaines sanitaires, comptabilité, et bien d’autres encore.
Financer le permis de conduire avec le CPF
Le permis de conduire peut être financé via le CPF, sous réserve d’avoir cumulé suffisamment de droits, de choisir une auto-école agréée, et de ne pas être sous le coup d’une interdiction ou suspension du permis. S’il s’agit d’une nécessité professionnelle, l’employeur peut compléter sous certaines conditions après justification auprès de l’organisme financeur compétent.
Qui paie le CPF et comment compléter ?
Le CPF est alimenté grâce aux contributions des entreprises versées à un opérateur de compétences (OPCO, depuis mars 2019). Ces contributions varient selon la taille de la structure : 0,55 % de la masse salariale pour les entreprises de moins de 11 salariés, 1 % pour celles de 11 salariés et plus.
Lorsque le crédit disponible ne couvre pas l’intégralité du coût d’une formation, plusieurs options d’abondement existent :
- Participation de l’employeur
- Versement volontaire du titulaire du compte
- Abondement par l’OPCO
- Soutien de la caisse vieillesse pour les projets de prévention de la pénibilité
- Aides de l’État ou des collectivités territoriales
- Ressources de Pôle Emploi
- Fonds pour l’inclusion des personnes en situation de handicap
Ces compléments ne modifient pas le plafond du CPF, qui demeure fixé à 5 000 € (ou 8 000 € pour les moins diplômés).
CPF de transition professionnelle : une voie spécifique
Le CPF de transition professionnelle remplace le congé individuel de formation (CIF) depuis 2019. Sa spécificité ? Il fait office de tremplin vers un autre métier, avec une rémunération maintenue pendant toute la durée d’une formation longue et certifiante, pour réussir un changement de cap sans se mettre en difficulté financière.
Salariés, indépendants, chercheurs d’emploi ou intérimaires, chacun peut activer ses droits CPF pour renforcer ses savoirs, se réinventer et même valider des compétences nouvelles ou amorcer une reconversion.
Pour ceux déjà inscrits chez Mistertemp’, il est possible d’être accompagné dans vos démarches : calcul des droits, création du compte, inscription à une formation adaptée… Les secteurs recrutent : construction, industrie, restauration, logistique, vente, événementiel. À vous d’en tirer parti.
Le CPF, loin d’être un simple outil procédural ou un dispositif accessoire, s’impose comme le point d’appui capable de transformer votre avenir professionnel. La prochaine avancée dans votre parcours pourrait bien porter le sceau d’une formation validée et d’un projet enfin concrétisé.

